Combien me coûte L’Étrangère… et combien il me rapporte ?

Avant toute chose, je tiens à préciser quelque chose : en France, parler d’argent n’est pas dans les mœurs. Pourtant, c’est ce que je vais faire ici, sans tabou.
Mon but n’est pas de me plaindre, mais simplement de partager la réalité d’une auteure autoéditée à son compte. Écrire un roman, dans ces conditions, ce n’est pas Byzance mais c’est une aventure passionnante. Peut-être que cet article vous donnera envie (ou non, et je m’en excuse d’avance 😅) de vous lancer à votre tour.

Le début de l’aventure : 2020-2021

Tout commence en 2020.
J’étais alors rédactrice web SEO indépendante, maman de trois enfants, en plein confinement, avec une idée fixe : écrire mon premier roman.
J’ai acheté une vieille machine à écrire sur Vinted, du papier, de l’encre… et j’ai commencé à réfléchir à mon histoire et à mes personnages. Tout ça s’est passé dans mon garage.
Nous avions fait effectuer des travaux pour le diviser en deux espaces : d’un côté, la laverie, et de l’autre, mon bureau, séparé par une jolie verrière.
Les murs étaient peints en vert bouteille… oh punaise, qu’est-ce qu’il était beau !

L’écriture en elle-même n’a véritablement débuté qu’à l’été 2021, après de longs mois de préparation, de lectures et de recherches. À l’époque, je jonglais entre mes missions de rédactrice, mes enfants (dont un bébé tout juste né), et l’école à la maison. Autant dire que je n’étais pas à 100 % sur mon roman.

Trois ans de travail, entre doutes et persévérance

On me dit souvent : « Trois ans pour écrire un roman, c’est long ! »
Mais quand on écrit entre deux clients, deux lessives et trois devoirs à corriger, le temps file différemment.

Rapidement, j’ai ressenti une frustration : j’avançais trop lentement.
En accord avec mon mari, j’ai pris une décision radicale : travailler moins pour écrire davantage.
Forcément, cela voulait dire gagner moins d’argent. La moitié, pour être précise.

Il y a eu des moments de doute :

Est-ce égoïste ? Est-ce raisonnable ?
Mais à chaque fois, ma famille m’a soutenue. Et aujourd’hui, je ne regrette pas ce choix.

Mon mari y a cru, mes enfants aussi et c’est grâce à eux que L’Étrangère a vu le jour.

L’impact financier d’un rêve

Soyons clairs : pendant ces trois années, mes revenus ont baissé de moitié.
Je gagnais bien ma vie avant, mais j’ai choisi de sacrifier une partie de mon confort financier pour écrire.

Aujourd’hui, je continue à travailler comme rédactrice web SEO et écrivain public. Ces revenus servent à faire vivre notre foyer, mais aussi à financer tous les frais liés à l’autoédition : protection, mise en page, impression, communication, salons…

Et croyez-moi, ça chiffre vite.

Le coût réel de L’Étrangère

Voici les dépenses engagées, du moment de la réécriture à la publication :

PosteMontant
Bêta-lecteur, correction, mise en page754 €
Couverture du roman550 €
Book trailer (vidéo teaser 30 s)600 €
Kakémono, flyers, marque-pages + impressions942,48 €
Dépôt AFNIL (ISBN)42 €
Protection e-Soleau (INPI)45 €
Commande exemplaire auteur (Amazon)9 €
Commande de 250 exemplaires pour la vente directe1 252,53 €
Participation à des salons de Noël35 €

Total : 4 230,01 €

Et encore, je n’ai pas compté les frais de dépôt à la BNF ni ceux liés au service presse.

Les revenus du livre depuis sa sortie le 30 juin 2025

Pour comprendre les chiffres, il faut savoir ceci :

  • Sur Amazon, L’Étrangère est vendu 14,50 €.
    Je touche 3,23 € par exemplaire (le reste part dans les frais d’impression et la commission Amazon).
    ➜ 50 livres vendus = 161,50 €
  • En vente directe, je commande mes exemplaires à 5,01 € l’unité et je les vends 14,50 €.
    Je touche donc 9,49 € par livre.
    ➜ 250 livres vendus = 2 357,50 €

 Total à ce jour : 2 519 € de recettes.

Bien sûr, tout cela est déclaré sous mon entreprise Le Stylo Affûté :
12,3 % de cotisations URSSAF + 0,2 % de formation professionnelle… ce qui réduit encore un peu la somme nette.

Et à chaque réassort, je dois réinvestir entre 250 et 500 € pour commander de nouveaux exemplaires.

Et maintenant ?

Je n’écris pas pour la gloire. J’écris pour être lue.
Peut-être que je gagnerais davantage en maison d’édition traditionnelle, je n’en sais rien.
Mais aujourd’hui, je suis libre : je gère tout, de la communication à la vente, en passant par les salons et les réseaux. Je commets des erreurs, j’apprends, j’avance.

Et surtout : je continue d’écrire.
Mon deuxième roman est déjà bien entamé.
Je travaille trois jours par semaine dessus, avec un plan solide, des personnages bien ancrés, et une expérience précieuse acquise grâce au premier.

En conclusion

Devenir écrivaine, c’était mon rêve.
Je m’en donne les moyens, chaque jour, avec du travail, de la discipline, et surtout un foyer rempli d’amour.

Alors si vous aussi vous rêvez d’écrire : croyez en vos rêves, donnez-vous les moyens.
Avec de la persévérance et du soutien, l’issue ne peut être que favorable.

Je ne regrette rien. Et si c’était à refaire, je recommencerais sans hésiter une seconde.

3 commentaires sur « Combien me coûte L’Étrangère… et combien il me rapporte ? »

  1. Bravo pour ce partage transparent ! Même si mes frais sont à peu près équivalents, mes trailers vidéo m’ont coûté au maximum 50 $ (sur Fiverr) et pareil pour le kakemono et les marque-pages, mes dépenses sont divisées par 3 par rapport aux tiennes. 🤔En revanche, les inscriptions à des salons du livre + la logistique qui en découle me ramènent à peu près au même total de dépenses. Mais là où je dis « ouch », c’est sur la marge que tu te laisses. Franchement, 3,23 € de marge par livre, c’est trop peu, je te conseille de l’augmenter pour les prochaines publications. 😊

    Bonne continuation en tout cas ! Contente de t’avoir découvertre sur LinkedIn. 😉

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    1. Bonjour, Je vous remercie pour votre commentaire pertinent. C’est toujours très intéressant d’échanger avec d’autres auteurs. Je reviens sur un point que vous avez évoqué : « Franchement, 3,23 € de marge par livre, c’est trop peu, je te conseille de l’augmenter pour les prochaines publications.  » : J’ai hésité à appliquer un prix d’achat plus élevé à mon roman. La seule raison : c’est mon premier roman. Je voulais qu’il soit lu et qu’il reste accessible au plus grand nombre.

      Je vous remercie encore pour vos mots,

      Bonne continuation également,

      à bientôt peut-être !

      Julie

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      1. Je comprends, mais il y a d’autres leviers sur lesquels jouer : le format par exemple (pour baisser le nombre de pages, car c’est à la page, le coût de fabrication).
        En tout cas, merci pour ta réponse et bonne continuation ! 😊

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Répondre à Julie Lacour Salmoiraghi Annuler la réponse.